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#11 l Martine Laroche-Joubert : profession reporter de guerre

#11 l Martine Laroche-Joubert : profession reporter de guerre

Martine Laroche-Joubert est reporter de guerre. Plus qu’une profession, c’est pour elle un engagement. Si vous écoutez l’épisode, vous trouverez peut-être sa voix familière. Martine est l’une des plus grandes reporters de guerre de notre époque : elle a couvert les conflits pour France 2 pendant près de 35 ans. Une carrière exceptionnelle qui l’a menée aux 4 coins du monde, là où la guerre fait rage : le siège de Sarajevo, les guerres du Golfe, les Printemps arabes, la guerre de Syrie…  Martine a toujours eu ce besoin de témoigner, de raconter « comment les gens s’adaptent à la guerre ». Mais aujourd’hui, elle veut raconter cette profession et la défendre.

De quoi ça parle ?

On parle reportage de guerre, forcément. Martine Laroche-Joubert n’a pas toujours été reporter de guerre. Elle débute comme animatrice à la télévision, puis journaliste de faits divers. Elle couvre la mort de Jacques Mesrine en 1979. Sentant qu’il lui manque quelque chose, elle s’oriente peu à peu vers les zones de conflit. Elle nous raconte comment elle part clandestinement en Afrique du Sud pendant l’apartheid sous une fausse identité. Dans cet épisode, vous allez apprendre beaucoup de choses sur les dessous du métier : le rôle du « fixeur » sur place, la relation entre le journaliste et son caméraman, les conditions de travail, la course au sujet… Par exemple, Martine nous raconte notamment comment elle réussit à être la première journaliste internationale à entrer en Libye au moment de la révolution… grâce à son fixeur.

« Ce qui m’intéresse, c’est voir comment les gens s’adaptent à la guerre. » – Martine Laroche-Joubert.

Martine Laroche-Joubert couvrant le siège de Sarajevo - Crédits : Bernard Jacquemart

Martine revient longtemps sur le siège de Sarajevo qui l’a tant marquée. Elle parle de cette boucherie à ciel ouvert à nos frontières, de cette guerre d’un autre-temps qui désintéresse pourtant à l’époque les capitales européennes. Martine dépeint ce qu’elle voit lors du siège, les hommes et les femmes qu’elle rencontre et interviewe dans une Sarajevo exsangue.

« La première victime d’une guerre, c’est la vérité » – Rudyard Kipling.

On parle d’instinct et de sens du devoir. Martine nous parle de ce qu’on ne perçoit pas dans la neutralité de ses reportages : sa sensibilité. Elle nous explique aussi le rôle de l’instinct et de l’expérience pour mesurer les risques, un exercice périlleux de chaque instant. Martine parle de ses quelques regrets. On s’interroge ensemble sur ce « goût viscéral pour les départs », malgré sa vie de famille avec laquelle elle compose tout au long de sa carrière, et le danger inhérent au métier.

On parle de l’évolution de ce métier. Si Martine a voulu écrire un livre, c’est aussi parce qu’elle sent que le métier auquel elle a dédié sa vie est en danger. D’abord, parce que les rédactions sont moins enclines à financer les reportages de guerre. Ensuite, parce que la surabondance d’images prises par des témoins laisse penser que les reporters ne sont plus aussi nécessaires qu’avant. Or, pour Martine, c’est tout l’inverse : plus il y aura d’images, plus il faudra que les journalistes démêlent le vrai du faux et fassent la chasse aux fake news. Elle nous raconte d’ailleurs que la propagande est omniprésente en temps de guerre.

Martine Laroche-Joubert en Irak

La personnes qui l’inspire ? Odile de Vasselot, Résistante française pendant la deuxième guerre mondiale. Elle fait partie du réseau Comète et convoie des pilotes anglais rescapés des batailles europénnes. Son récit : Tombés du ciel, Histoire d’une ligne d’évasion. 

On a aussi parlé des sujets suivants :

Une femme au front : Mémoires d’une reporter de guerre, le livre de Martine Laroche-Joubert publié aux éditions du Cherche-Midi ;

Veillée d’armes : histoire du journalisme en temps de guerre, reportage de Marcel Ophuls sur Sarajevo ;

Christiane Amanpour qui apostrophe Clinton sur le siège de Sarajevo;

– Les rescapées de Ravensbrück et notamment Anne-Lise Postel-Vinay, avec un reportage de Martine Laroche-Joubert à retrouver ici;

La Presse est un combat de rue, Eric Fottorino : un témoignage abrupt sur les défis de la presse.

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