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#14 l Lamya Essemlali (Sea Shepherd) : l’activiste des océans

#14 l Lamya Essemlali (Sea Shepherd) : l’activiste des océans

« Es-tu prête à risquer ta vie pour une baleine ? » : c’est la question que Paul Watson, le fondateur de Sea Shepherd, a posée à Lamya Essemlali en 2005 lors de leur rencontre. Lamya n’a alors jamais vu de baleine de sa vie, mais elle lui répond oui sans hésiter. Sea Shepherd, l’association fondée par Paul Watson, lutte pour préserver les océans et leurs habitants. Ils sont connus pour leurs opérations commandos de protection des baleines et des dauphins.

De quoi ça parle ?

On retrouve Lamya quinze après cette rencontre qui a changé sa vie. Entre temps, elle a pris part à des dizaines d’interventions, de l’océan Antarctique, aux îles Féroé, des Galápagos au golfe de Gascogne. Elle dirige aujourd’hui l’antenne française de Sea Shepherd et co-dirige l’association au niveau mondial. En dix ans de présidence, elle a senti l’opinion changer vis-à-vis de Sea Shepherd : le grand public accepte désormais leurs prises de positions très combattives. Il y a une prise de conscience que la protestation et les banderoles ne suffisent plus : il faut agir sur le terrain.

« On ne se contente pas d’appeler à l’aide, on intervient. » (Lamya Essemlali)

Son baptême du feu, Lamya le raconte à notre micro. Lors d’une de ses premières missions en Antarctique, elle traque avec son équipage le « Nisshin-Maru » dans un sanctuaire baleinier international. Le Nisshin-Maru, c’est le navire-usine chargé de remonter et dépecer les baleines pêchées par les harponneurs japonais. C’est la pièce maîtresse de la flotte baleinière. En empêchant la récupération par le Nisshin-Maru des baleines tuées par les navires harponneurs, Sea Shepherd peut faire capoter toute l’opération de pêche. En ce lendemain de Noël, par un jour de tempête, l’équipage Sea Shepherd parvient à le repérer et lui barrer la route. Mais le navire japonais décide alors de foncer vers eux. Lamya raconte la peur qui saisit leur équipage lorsque leur commandant leur annonce une collision dans deux minutes. Le navire japonais déroute au dernier moment, mais pour Lamya, la réponse qu’elle avait faite à Paul Watson se confirme : oui, elle est prête à risquer sa vie pour une baleine.

« Une baleine qui se fait harponner ce n’est pas une histoire. Mais des gens qui risquent leur vie pour sauver une baleine, ça devient une histoire. » (Paul Watson)

Les Nations Unies estiment que 80% des espèces sous-marines sont sur-exploitées. Elles prédisent un effondrement des pêcheries commerciales mondiales d’ici à 2048. Avec, en jeu, la survie de nombreuses espèces, dont la nôtre. Aujourd’hui, 3 millions de tonnes de poisson doivent être pêchés chaque jour pour ceux dont leur survie en dépend, mais on en pêche aujourd’hui 150 millions de tonnes quotidiennement. 

Opération de sensibilisation Sea Shepherd à Paris - © Sea Shepherd

Lamya le répète lors de l’interview : pour les aider, il faut arrêter de manger du poisson. Les recommandations préconisent 2 portions de poisson par semaine et par personne. Mais si on applique ce chiffre à la population mondiale, cela représente le double des poissons présents dans l’océan. Lamya nous demande de regarder nos assiettes et de nous interroger : « est-ce que ce poisson est nécessaire à ma survie ? » Car il l’est pour certaines populations côtières qui ne peuvent se nourrir autrement ou pour les prédateurs marins. L’océan est un monde silencieux qui se dépeuple sans alerter. Aujourd’hui, Lamya s’énerve du fait qu’on le considère comme un garde-manger ou une déchetterie à ciel ouvert.

« Si les océans meurent, nous mourons. » (Paul Watson)

Enfin, Lamya se livre sur ce que la maternité a changé dans son engagement. Elle qui avait peur que le fait de devenir mère atténue son activisme, elle se réjouit de constater l’inverse. Pour elle, lorsqu’on a des enfants, on ne peut plus détourner les yeux de l’urgence environnementale.

Lamya Essemlali avec un équipage Sea Shepherd - © Sea Shepherd

La personne qui l’inspire ? Jérôme Pensu qui lutte contre le trafic de faune sauvage avec REWILD. Ils aident au ré-ensauvagement d’animaux captifs et ont récemment racheté un zoo en France.

On a aussi parlé de :

– du Grindadrap, la tradition culturelle des îles Féroés qui consiste à massacrer des centaines de globicéphales et dauphins lors d’une chasse annuelle géante ;

– du Nisshin-Maru, le navire-usine de la flotte baleinière japonaise

– du livre de conversation entre Paul Watson et Lamya Essemlali, Sea Shepherd, le combat d’une vie

Comment soutenir Lamya Essemlali et Sea Shepherd ?

– d’abord, en limitant sa consommation de poisson ;

– ensuite, en faisant un don sur leur site www.seashepherd.fr (onglet « soutenez-nous ») car leurs campagnes en mer dépendent à 100% de dons privés

– vous pouvez également les contacter par mail pour rejoindre un groupe local, et même une mission en mer : contact@seashepherd.fr (toutes les compétences sont les bienvenues)

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